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le 17 décembre 2010
Budget 2010 : L'heure de vérité
A trois mois des élections régionales, la majorité socialiste du Président - Monsieur 15% - a fait voter son budget. Du mythe à la réalité, autopsie d'un mandat manqué.

Emplois Tremplins : Un poste pérennisé sur deux.

 

Présenté comme l’Alpha et l’Omega de la politique régionale en matière d’emploi, le dispositif dit « Tremplins » aurait, semble t-il, tendance à propulser une partie de ses bénéficiaires au plafond.

Arrivés au terme de leur engagement contractuel (4 ans), ces emplois, destinés exclusivement aux associations, n’ont pas le taux de pérennisation attendu (100% en moins d’un an selon Madame Royal qui s’exprimait dans le Nouvel Observateur en février 2007).

Selon les services de la Région, seul 1 sur 2 l’a été.

Qu’à cela ne tienne, les socialistes remettent la main au porte-monnaie des familles bas-normandes pour offrir « un appui individualisé aux salariés dont la pérennisation du poste serait économiquement impossible »… Pour information, l’opposition souhaiterait rappeler à la majorité que les associations ne sont pas des entreprises et que de ce fait, elles ne sont pas censées accroître leur chiffre d’affaires et dégager du profit (sauf à vendre des crêpes de façon exponentielle chaque année) !

Enfin, l’opposition souhaiterait rappeler que le coût global du dispositif pour 600 emplois, estimé à 24 Millions d’euros, aurait pu être utilisé à la mise en place d’une politique d’aide à l’emploi en entreprise…

 

 

Le train, le mirage de la communication ?

 

Le mur du son a été franchi. La propagande a été merveilleusement orchestrée. Le point d’orgue de cette manipulation exceptionnelle s’est joué au Mémorial de Caen en mars dernier. Cette fois-ci, les décors et les costumes n’étaient ni de Roger Hart ni de Daniel Cardwell. Pourtant, l’illusion était parfaite. Le spectacle s’intitulait « Assises Ferroviaires 2020 ».

Ce jour-là, sous les yeux médusés des quelques amateurs de finances publiques, le président de Région – dont la présence et le jeu mériteraient au moins une nomination dans un festival – a annoncé la mise en œuvre d’un plan de 5,8 Milliards d’euros jusqu’à 2020. Plus c’est gros, plus ça passe…

Avec un budget global régional de 700 Millions d’euros par an (tout compris), le projet est éminemment irréalisable… sauf à considérer que le Président Beauvais – qui s’en prend chaque matin en se rasant à l’Etat – fasse appel au gouvernement pour payer la facture…

Des promesses aux actes, du rideau de fumée médiatique aux conditions de transport des voyageurs, l’heure des comptes a sonné.

 

Elus en 2004, les socialistes allaient révolutionner le rail bas-normand. Six années ont passé. Le Paris-Granville patine toujours sur les feuilles mortes, la desserte vers le Mont-Saint-Michel lancée en 1997 par René Garrec a été enterrée et le Paris-Cherbourg qui arrivait autrefois à l’heure accumule désormais les retards.

Ce qui est certain, c’est que si la communication régionale a passé le mur du son, les promesses socialistes en matière ferroviaire relèvent davantage du mirage…

 

Numérique : Le bonnet d’âne de la Basse-Normandie

 

Il y a quelques mois (29/09/09), Laurent Beauvais lançait un ambitieux plan sur le développement du numérique en Basse-Normandie. « En 2013, nous pourrons disposer d’une couverture du territoire à 2 mégabits » disait-il fièrement. La démarche était sincère. Le président était convaincu. Convaincu comme un élu qui ne maîtrise pas parfaitement la problématique du mulot et qui découvre avec émerveillement, au retour des vacances, les joies du surf sur écran plat.

Sauf que la vérité est un peu plus tragique pour notre région. Classée 22e sur 22 des Régions en matière de développement numérique, la Basse-Normandie arbore fièrement ses solutions dignes d’un minitel. La nostalgie a ses limites.

Dans ce cas, comme dans tant d’autres, l’opposition a préféré – une fois encore - proposer plutôt que de s’opposer. Elle a cité en exemple le département de la Manche comme le font régulièrement les « gendarmes des télécom » et Microsoft. Constatant l’inertie régionale dans son cœur de compétence, le Conseil général de la Manche a beaucoup investi pour offrir à ses entreprises et à ses familles une couverture numérique en haut-débit et très haut-débit. Au final, quand la Région se réjouit de proposer 2 mégabits partout en 2013 (une norme d’avant-hier), les Manchois surfent à 100 mégabits.

 

Chic, la Région investit !

 

A trois mois des élections, il ne fallait pas se louper. Après avoir augmenté la part du fonctionnement dans le budget régional (de 54,03% à 64,40% (après transfert des TOS etc.)), les socialistes ont redécouvert les vertus de l’investissement. Laurent Beauvais s’en est d’ailleurs félicité dans son intervention. En 2010, la Région investira 226 Millions d’euros pour préparer l’avenir des jeunes. Une augmentation vertueuse qui, une fois n’est pas coutume, cache un grossier effet de manche. « Monsieur Beauvais ne nous dit pas tout » comme aime à le rappeler une humoriste chaque dimanche…

La vérité, c’est que si l’on rapproche deux chiffres, la démonstration tourne à la débandade.

En 2006, le budget investissement régional était de 239 Millions d’euros (source Région).

En 2010, ce même budget dit « d’effort » pour soutenir notre économie est de 226 Millions d’euros.

Un petit tour de Casio plus tard, on note avec une stupéfaction non dissimulée que le budget d’investissement a baissé de 13 Millions d’euros (-6%).

De deux choses l’une : soit la gauche n’a pas la bosse des maths, soit sa sincérité pose problème.

 

A nos enfants : la dette en héritage

 

De source tout à fait sérieuse (Région Basse-Normandie), notre région s’endette… un peu, beaucoup… passionnément… à la folie !

2004 : 76,56€ / habitant (R. Garrec)

2005 : 102,26€/habitant (P. Duron)

2006 : 105,64€/habitant

2007 : 129,80€/habitant

2008 : 138,58€/habitant (…L. Beauvais)

Au 31 décembre dernier nous disent les chiffres du Budget, la dette de notre Région sera de 232,55 Millions d’euros... sur un budget total de 740 Millions d’euros. Soit + d’un quart !

Idée de slogan (non facturé à la communication) : Nos dettes d’aujourd’hui sont vos impôts de demain.

 

Objectif : Jeunes !

 

Dans son propos liminaire, Laurent Beauvais, le président remplaçant, rappelait : « En 2004, trois grandes priorités régionales ont été définies. Elles ont été conduites avec détermination durant ces six années : les solidarités, les jeunes et l’aménagement durable du territoire. Ces priorités seront poursuivies en 2010 (…) ».

Le pire est donc devant nous !

En consultant les tableaux fournis par la Direction Régionale du Travail (Temps Forts / Nov 09), on s’aperçoit qu’ici, en Basse-Normandie, l’évolution du chômage des moins de 25 ans est de +41,6% sur un an. Ce chiffre dramatique est évidemment dû à la crise économique dont il se dit, par ailleurs (Laurent Joffrin – Libération notamment) qu’elle est mieux supportée ici que dans le reste de l’Europe.

Toutefois, il est indispensable de rapprocher ce chiffre Bas-Normand (+41,6%) de la moyenne nationale qui est de +24,9%. (Une différence de 16,7%). Cela signifie que notre Région s’en sort finalement moins bien que les autres régions de France pour trouver des solutions d’emplois aux jeunes bas-normands.

Quand on pense que Laurent Beauvais parle de détermination lorsqu’il évoque sa politique envers les jeunes, on se demande ce qu’il entend lorsqu’il nous annonce qu’il souhaite poursuivre dans cette voie !

 

Comme un malheur n’arrive jamais seul…

 

Au niveau de la situation de l’emploi en Basse-Normandie, les chiffres du chômage concernant les autres tranches d’âge ne sont guère plus réjouissant :

* 25-49           ans : + 18,8% en BN / + 11,5% en France

* 50 ans et plus : + 14,3% en BN / +12,5% en France

 

Grand emprunt national : Une grande absence régionale

 

Saluées par la très grande majorité des observateurs, les priorités du Président de la République dans le cadre du Grand Emprunt sont tournées vers l’avenir !

11 milliards dédiés à l’Enseignement supérieur et à l’innovation

8 Milliards à la Recherche

6,5 Milliards au soutien à l’industrie et aux PME

5 Milliards au développement durable

4,5 Milliards dédiés au passage à l’économie numérique

 

 
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