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le 22 octobre 2009
Orientations budgétaires 2010 : Chronique d'un naufrage annoncé ?
A l’occasion des dernières orientations budgétaires du mandat de la gauche plurielle à la Région, il nous paraît indispensable d’effectuer un diagnostic complet et surtout de donner plus de lisibilité aux Bas-Normands des choix qui sont faits en leur nom.
Ce livre ouvert à la méditation, documenté et argumenté, est chapitré pour une meilleure compréhension de l’ensemble. De la préface à la post-face, tous les ingrédients de l’édition ont été soigneusement repris… Il ne manque que le titre : Basse-Normandie : Chronique d’un naufrage annoncé ?
Préface : L’opposition
consternée
Les
orientations budgétaires 2010 de Monsieur BEAUVAIS seraient de nature à
conforter nos analyses récurrentes sur
la gestion socialiste compte tenu du vide abyssal de projets structurants qui y
figurent. Malheureusement, au-delà des stratégies politiques, il y a une région
et des habitants qui sont les victimes expiatoires d’une logique électorale et
dogmatique implacable.
Depuis
leur élection en 2004, les socialistes ont procédé avec méthode et
autoritarisme pour atteindre leur seul et unique objectif : battre la
campagne électorale.
L’idéologie
contre l’intérêt général :
Communication
et petits voyages entre amis 1 – Basse-Normandie 0.
Chapitre 1 : La
dette : l’Impôt sur l’infortune des Bas-Normands
Etablie
à 52.12€ par habitant en 2003 sous la précédente majorité, la dette par
habitant est passée en 2008 à 138.58€ en Basse-Normandie, soit une augmentation
de 62% en 5 ans ! Cette source chiffrée, est d’autant plus
incontestable qu’elle provient de l’Assemblée des Régions de France (ARF), un
organe présidé et dirigé par les amis socialistes de M. BEAUVAIS.
Chapitre 2 : La vérité
sur le budget
« Le langage des chiffres
a de ceci de commun avec le langage des fleurs, on peut lui faire dire
n’importe quoi ». Dans
le document des Orientations Budgétaires proposé par le président BEAUVAIS, ce
dernier se félicite de figurer à la 6e place des régions les moins
endettés de France (sur 20 et non 22).
En
premier lieu, il est utile de souligner que l’exécutif régional ose se comparer
avec ses amis socialistes qui, en qualité de parangon de vertu budgétaire ne
sont pas exempts de tout reproche… Entre diplômés du dernier rang, on se
comprend.
Toutefois,
les données chiffrées fournies – enfin ! – par la majorité méritent d’être
rapprochées et comparées pour mieux appréhender la qualité de gestion de la
gauche à la Région
depuis 2004.
En
remettant en perspective les chiffres de la dette par habitant, les dépenses de
fonctionnement et celles d’investissements, (Graphique en annexe), il apparaît
clairement que la mobilisation des fonds de la dette est directement affectée à
l’augmentation exponentielle des coûts de fonctionnement et non pas pour
investir sur l’avenir de la
Basse-Normandie.
Cette
démarche est suicidaire pour la région et les Bas-Normands (notamment les plus
jeunes) qui paieront demain des dettes qui auront été contractées pour tout
sauf pour proposer des projets structurants d’avenir !
Chapitre 3 : La Malformation
professionnelle
Dans
un récent rapport, la Cour
des Comptes rendait un avis d’une clarté sans équivoque qui a poussé le
gouvernement à réfléchir puis à proposer un new deal en matière de formation
professionnelle. Jugée « inéquitable, coûteuse et inefficace »
dans le rapport, la formation professionnelle doit être réformée pour
permettre, notamment aux plus jeunes, de disposer d’une formation en cohérence
avec le marché du travail.
Aujourd’hui,
la Région
décide, sans aucune concertation avec les professionnels et sans avoir pris la mesure de l’enjeu que
constitue ce grand chantier pour l’avenir de la Basse-Normandie,
de lancer deux outils : Les Espoir’s et les Elans.
Compte
tenu de l’absence totale de cohésion entres les acteurs de la formations et
l’Etat, nous ne pouvons en déduire qu’en l’espèce, la gauche sacrifie une
fois encore l’avenir de nos jeunes sur l’autel de l’idéologie. A cet égard,
nous considérons qu’il est plus que jamais souhaitable que la majorité
régionale sorte des schémas électoraux et qu’elle travaille avec sérénité à
construire un avenir aux jeunes bas-normands en échec scolaire.
Car
les faits sont là :
-
Les demandeurs d’emploi bénéficient 2 fois moins de la formation
professionnelle que les salariés en activité.
-
Les salariés des très petites entreprises bénéficient peu de la formation,
-
En Basse-Normandie, des jeunes de 15 ans en refus du système scolaire
classique, n’ont plus de solutions alternatives de formation depuis que la
majorité régionale a décidé de supprimer les classes préparatoires à
l’apprentissage (C. P. A.).
Les
C. P. A. qui concernaient en moyenne 150 jeunes bas-normands en grande
difficulté permettaient de leur redonner une énergie constructive, de leur
faire reprendre goût aux études, « un rattrapage de jeunes à la
dérive ». En supprimant les CPA, véritables tremplins d’insertion
sociale et professionnelle, facteur de promotion individuelle par
l’apprentissage, la Région
exclue d’office un public de jeunes qui ne trouve plus de solution dans le
système scolaire classique.
Les
jeunes bas-normands rencontrent des difficultés pour accéder à un premier
emploi ; les formations sont trop souvent inadaptées aux besoins des
individus et des entreprises.
-
En Basse-Normandie, plus de 2500 jeunes sortent encore du système scolaire sans
diplôme, ou sans qualification.
La
formation professionnelle initiale obtient des résultats insuffisants, en terme
d’insertion dans l’emploi.
S’ajoute
à cela un contexte économique défavorable qui accentue les besoins en
formation. La
Basse-Normandie est, comme chacun le sait, très impactée
comme en témoigne la forte augmentation du nombre de demandeurs d’emploi (à la
fin mars 2009, la
Basse-Normandie a perdu en un an, 7800 emplois dans le
secteur privé non agricole, compte 13000 demandeurs d’emploi
supplémentaires ; l’industrie a perdu 3000 emplois, le secteur
tertiaire : 5000 emplois.)
En
d’autres termes, la recherche d’une politique efficace vers les Bas-Normands
les plus en difficulté, au premier rang desquels figurent les jeunes, peut et
doit s’accompagner d’une large concertation avec les structures et
collectivités existantes (Etat, rectorat, Conseils généraux, etc.). La
formation et l’avenir des Bas-Normands ne doivent pas être dictés par la loi
électorale. L’intérêt général doit triompher de l’intérêt à garder ou non une
région à gauche au mois de mars prochain.
Chapitre 4 : Aéroport de Caen,
la peine capitale
Son
pronostic vital est engagé. La gauche régionale compte même financer les fleurs
et les couronnes. Compétente pour le développement aéroportuaire, la Basse-Normandie
confirme donc son souhait de voir disparaître l’aéroport de CAEN-CARPIQUET.
En
choisissant de soutenir exclusivement le syndicat mixte de l’aéroport
Deauville-Normandie, la Région
a donc fait un choix clair et indiscutable. M. DURON, ancien président de
Région et actuel maire de CAEN devra s’en expliquer avec son successeur :
CAEN n’est plus un objectif prioritaire pour la Basse-Normandie.L’oppositionrégionale réaffirme sa plus vive inquiétude face à ce désengagement de la Gauche sur l’aéroport de
CAEN. Caen, capitale vient d’être condamnée à la peine capitale !
Chapitre 5 : Les
bûcherons de l’information
Malgré
la crise économique et financière, l’accroissement de la dette, la tenue
prochaine des élections régionales et une réforme constitutionnelle en cours de
discussion, la Région
a décidé – de façon extrêmement curieuse et surtout totalement irraisonnée – de
se lancer dans la refonte de la charte graphique de l’institution.
Pour
les béotiens de la communication, cela signifie que la Région va se voir facturer
une étude précise sur les options relatives à sa nouvelle logographie, sa
police de caractère (écrire en arial, en times, that is the question !)
ainsi qu’un ensemble d’éléments visuels qui permettront à la collectivité
d’être vue et reconnue.
Cette
opération a un coût exorbitant et n’a – dans les circonstances actuelles –
aucun caractère d’urgence.
En
complément, outre l’étude et l’expertise qui seront nécessaires pour déterminer
les options graphiques retenues, il est nécessaire que les Bas-Normands
sachent qu’il faudra que la
Région commande des tonnes de papiers à lettre, cartes de
visites, aquilux promotionnels, etc. proposant la nouvelle signature de
communication de la Région.
Une
entorse de taille à la supposée démarche durable de la Région qui, lorsqu’il
s’agit de son auto-promotion, n’hésite pas à trancher dans le vif… des
arbres !Il n’y a pas à dire, en
matière de propagande, les socialistes sont des bûcherons de
l’information !
Chapitre 7 : La région
logo-maniaque
Laurent
Beauvais ou le coup d’éclat permanent… Au-delà de sa volonté de bouleverser la
« charte graphique de la
Région » à six mois des élections … probablement pour
laisser un souvenir de son passage à l’Abbaye aux Dames, Laurent BEAUVAIS
vient de se voir confirmer un TOC (Trouble Obsessionnel Compulsif) : il
est logo-maniaque.
Non
content de vouloir modifier celui de sa collectivité à grands frais, il propose
même de financer celui des « espaces numériques de travail », de
payer les totems et autres visuels pour signaler les espaces de co-voiturage
(en refusant de faire des routes) et d’être le maitre d’ouvrage des syndicats
mixtes concernés par la thématique « cheval » pour élaborer les
visuels de communication et… les logos.
Chapitre 8 : Tout le
monde en parle sauf… lui !
A
moins d’avoir séjourné depuis de longs mois au fond d’une caverne sans moyen de
communication, tout le monde a entendu parler du Grand Paris. Tout le monde
sauf… Laurent BEAUVAIS. L’hypothèse était inimaginable, les quatorze élus de l’opposition
ont même monté des comités de lecture et de relecture pour confirmer cette
impression : Les Orientations Budgétaires de Monsieur BEAUVAIS ne
mentionnent à aucun moment l’idée même d’un Grand Paris et de son éventuel
impact sur notre région. Pourtant décrit comme LE sujet de préoccupation
majeure par tous les observateurs régionaux, ce dossier structurant et
prioritaire pour une collectivité régionale directement impactée par ce projet
est littéralement passé à la trappe des débats budgétaires.
Monsieur
Beauvais est-il surmené par ses problèmes électoraux au point d’oublier les
fondamentaux ? La question mérite d’être posée et notre inquiétude d’être
relayée…
Chapitre 9 : Sortie de
route
Au-delà
des engagements pris par la précédente majorité, la Région se désengagera
financièrement de tous les projets routiers d’envergure nationale en
Basse-Normandie. Laurent BEAUVAIS l’a dit et répété, ceux qui m’aiment
prendront le train (dommage, ils arrivent de moins en moins à
l’heure !!!)
Or,
l’opposition régionale l’a dit et répété, quitte à supplier le président de
Région, le désenclavement de notre territoire est indispensable pour assurer le
développement économique de la
Basse-Normandie. Un constat partagé par le
CESR (Conseil Economique et Social Régional) – regroupant toutes les forces
vives de Basse-Normandie, syndicats compris - dans ses observations.
Monsieur
BEAUVAIS, il est encore temps de changer d’avis. A toutes fins utiles, rappelez
vous que 86% des touristes qui viennent visiter la Région le font avec leur
véhicule, c’est-à-dire par la route !
Chapitre 10 : Recherche
et innovation
Chose
promise, chose oubliée. Laurent BEAUVAIS y tenait. La Basse-Normandie
allait devenir pôle de compétitivité en matière d’éco-technologie. Une fois
encore, des promesses aux actes, il n’y a pas un pas mais un monde… Sur ce
thème là aussi, les Orientations Budgétaires restent muettes… Muettes également
sur la constitution d’un pôle nucléaire régional… Une façon de donner des
garanties aux Verts avant les élections ?
Quand
l’intérêt supérieur des urnes passe avant l’intérêt général, la gauche est
unanime…
Postface
Des
Assises du ferroviaire pour annoncer des plans pharaoniques et un
constat : c’était mieux avant.
Des
Assises de la formation et de la jeunesse avec un constat : une formation
à l’agonie : c’était mieux avant
Une
volonté de promouvoir Caen-capitale en ne finançant plus l’aéroport de
Carpiquet : c’était mieux avant.
Des
taux d’imposition qui virent au matraquage pour financer le
fonctionnement : c’était mieux avant.
Des
millions d’euros engloutis dans des opérations de propagande à grande
échelle : c’est mieux maintenant (pour ceux qui facturent).
Vivement
demain…
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